Introduction
Échelles et acteurs>Approche multiscalaire
Échelles et acteurs>Structure triadique
Échelles et acteurs>"Exit, voice and loyalty"
La dispute>L'utilité
La dispute>Extrait Victor Pachon

Pour aller plus loin, voir :

Le CADE

La dispute>Les préjudices
La dispute>Extrait Patrick Monteil

Pour aller plus loin, voir :

L'association LEA

La dispute>Les marges de manœuvre
La montée en compétence des citoyens>La participation des publics

Sur l'expertise citoyenne, voir également Capital savant (dans "Du Nimby à la résistance éclairée")

La montée en compétence des citoyens>Extrait Victor Pachon

Pour aller plus loin, voir :

Le CADE

La montée en compétence des citoyens>Réduire les asymétries
La crise>Acceptabilité sociale
La crise>Forum hybride

Définition forum hybride

Au sens de Barthe, Callon et Lascoumes les "forums hybrides" sont des "espaces ouverts où des groupes  peuvent se mobiliser pour débattre des choix techniques qui engagent le collectif" ; On parle de "forums hybrides" car ces groupes sont engagés et leurs porte-parole (experts, représentants de la société civile, lobbys, hommes politiques…) sont hétérogènes. Le caractère hybride de ces groupes qualifie aussi les questions qu’ils posent, ainsi que les problèmes qui peuvent être soulevés, allant des domaines purement scientifiques et techniques aux domaines qui relèvent de la décision politique, de l’économie, de l’éthique…

Ces "forums hybrides" se déploient en particulier lors des controverses technoscientifiques. Ce sont des arènes souvent conflictuelles : chacun vient y défendre ses intérêts. Leur principe est d’amener chaque groupe d’intérêt à échanger avec les autres de manière à élaborer un "monde commun". Se pose alors la question de la représentation des minorités et celle de l’absence de porte-parole de l’environnement. Se pose aussi la question de l’asymétrie des connaissances et des compétences : tout le monde ne peut pas, ne sait pas s’exprimer en public et en contexte conflictuel. Le propre des controverses sociotechniques est de concerner une technologie et les savoirs associés. De fait, en dehors des scientifiques et des experts, ces savoirs sont trop souvent "confisqués", au sens où ils supposent une certaine culture technique et scientifique, sans laquelle il est quasiment impossible de dialoguer d’égal à égal. Ainsi la société civile a bien du mal à trouver sa place. Il en va de même pour les associations qui découvrent souvent le caractère impératif de se professionnaliser ou bien de recourir elles-mêmes à l’expertise pour imaginer pouvoir peser dans les échanges. A ce propos, lorsque le citoyen s’invite dans les débats et revendique le droit d’exposer son avis, son expérience, son ressenti, ses craintes, voire ses propositions de solutions, on parle de "démocratie technique". Cette prise de parole permet de réduire le monopole du pouvoir. Elle peut aussi s’apparenter à une prise de pouvoir : le profane rend compte de réalités concrètes dont ses représentants (qui parlent en son nom) sont souvent éloignés. C’est alors que peuvent émerger d’autres manières de penser les projets contestés, donc façon de gouverner les territoires : "... les forums hybrides sont les lieux où se pratique une démocratie de la médiation où la poursuite du dialogue est susceptible non seulement de recomposer les positionnements mais aussi de changer les acteurs". A travers la recherche d’un  accord, ils sont l’occasion de décider de "qui a intérêt à quoi, de qui a besoin de quoi, de qui peut parler au nom de qui".

La finalité des "forums hybrides" est de faire réfléchir le collectif ainsi constitué aux conditions d’acceptabilité sociale, mais aussi et surtout aux conditions de faisabilité sociotechnique et de gouvernabilité du projet qui fait problème. Ces forums sont l’occasion de diversifier les points de vue et de confronter de multiples informations. Ils permettent de comparer des représentations, de discuter du bien-fondé de certaines croyances, de désamorcer des craintes ou des contraintes imaginaires. Ils débouchent sur des accords qui autorisent à les décrire comme garantissant une meilleure légitimité de la décision publique.

Bibliographie

BLONDIAUX, Loïc, FOURNIAU Jean-Michel, 2011. "Un bilan des recherches sur la participation du public en démocratie : beaucoup de bruit pour rien ?" Participations, n° 1, pp.8‑35.

CALLON Michel, LASCOUMES Pierre, BARTHE Yannick, 2001, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Le Seuil

GAUDILLIERE Jean-Paul À propos de "démocratie technique", Mouvements, 3/2002 (no21-22), 191-193

LATOUR Bruno, 1999, Politiques de la nature. Comment faire entrer les sciences en démocratie, Paris, La Découverte.

RUMPALA Yannick, 2003, Régulation publique et environnement. Questions écologiques, réponses économiques, Paris, L’Harmattan.
Confrontation de logiques>Extrait Alain Vidalies - Logique économique

Pour aller plus loin, voir :

"Les enjeux économiques et sociaux"

Confrontation de logiques>La logique du futur
Confrontation de logiques>Logique privée
Confrontation de logiques>La justice sociale
Confrontation de logiques>Logique civique et citoyenne